'L'humour ne se résigne pas, il défie", Sigmund Freud.

Ah ce sacré Sigmund! Il a pas écrit que des conneries!

C'est une de nos armes de prédilection, avec l'observation, la patience et la sagesse. (Oui, les malades sont des êtres supérieurs qui frisent la perfection!)

L'humour permet de désamorcer bien des tensions et d'alléger une ambiance plombée. "L'ambiance plombée" étant due au métal du fauteuil qui l'attire à lui et dramatise tout.

A chanter sur l'air de Bioman: "My-o-pathe, my-o-pathe, moitié homme motié charriot!"

Quelle est la différence entre un myopathe et un spaghetti? Le spaghetti bouge quand on le suce.


La tête des gens quand je dis ça! J'imagine ce qu'ils pensent: "Han, j'aurais pas osé mais bon, elle, elle peut."

 

Pendant ma phase de colère (étape du deuil), mon humour n'était même pas drôle, juste gênant et provocant. Une plaisanterie était pour moi le moyen de hurler ma douleur. De prendre par les épaules celui qui était en face de moi, de le secouer comme un prunier et de lui crier: "pourquoi moi?". Comme si y'avait une réponse...

Je pense qu'il faut un "quota" de malheur pour qu'il y est des gens heureux. Un équilibre en quelque sorte. Si on tire trop la couverture d'un coté, ça se répercute sur l'autre, ceux qui sont de l'autre coté. Si on éradique une maladie, un fléau, il faut qu'une autre apparaisse.

C'est une de mes théories, fumeuse, je l'accorde. Mais ça expliquerait ce petit éclat de culpabilité que j'aperçois parfois dans les yeux de ceux qui ont le courage de me regarder. Je suis malade pour que tu ne le sois pas, pour que tu échappes à la statistique. Je souffre et je vais y laisser ma peau parce que je suis le cas sur 50 000 qui fait que les 49 999 autres peuvent vivre, et parfois j'ai l'impression qu'ils me disent "merci".