Il y a quelques temps, j'ai contacté une demoiselle qui écrivait un blog sur son handicap. Au fil des mails échangés, elle m'a prié de garder son identité secrète. Elle voulait rester anonyme sur le net.

Chose que je comprends.

La communication virtuelle nous permet (nous = personnes différentes) de cacher notre physique et de rivaliser avec les "normaux" sur un pied (pas de roue) d'égalité. Là où sont prisés l'humour, la culture et la vivacité d'esprit, on peut lutter.

Les critères de jugement sont différents et enfin "les vilains petits canards" sont valorisés. Les codes sont remaniés et nous sont favorables. L'intérêt, l'affection envers nous peut grandir sans que le problème de la différence ne soit effleuré.

Dit comme ça, ça a un p'tit coté agent secret en mission d'infiltration! Le monde des "Normaux" nous est hostile, donc avec malice, on s'insinue. Petit à petit, on se fait apprécier et aimer...

L'étape d'aprés, c'est de se voir "en vrai", et là c'est le drame! On doit lever le voile, corriger le flou qu'on avait volontairement laisser planer. Laisser tomber la carapace pour se présenter, nu et sans défense, en attente de la sentence.

Avec un peu de chance, celui qu'on a "trompé", oublie sa rancune et son appréhension parce que, vraiment on est trop génial/aux! (hé hé!)

Ce sentiment de honte qui m'empêche d'associer mon vrai nom et ma maladie, est ridicule, je le sais. C'est pas de ma faute si je suis malade! Y a rien de déshonorant! Pourtant...

J'espère qu'un jour, avoir un ami en fauteuil roulant sera aussi cool que d'avoir un meilleur ami gay.