Soleil en tête.

Il y a peu, je suis tombée sur ce blog, et bien sûr, le sujet m'a interpellé. En plus, c'est bien écrit, sincère, pas pleurnichard, on frise la perfection.

Dans les films, une tumeur au cerveau est une "figure de style", pour expliquer une envie fantasque de dévorer la vie. C'est le déclencheur d'une urgence de vivre, de ne plus se contenter d'exister.

 

"Le détachement". Voilà. Sans le savoir, j'applique un fondement du Bouddhiste.

Pas de passions, tout est tiède.

Moi qui avait un tempérament volcanique, je pourrais demander la nationalité britannique maintenant, je suis la personnification du "flegme".

Je ne suis jamais en colère, seulement intérieurement^^

Je ne pleurs plus de tristesse. Quand ça m'arrive, c'est mécanique, comme quand on épluche des oignons.

Jamais impatiente. Je préfère attendre un cadeau, que de l'ouvrir. L'attente est exquise, jamais décevante, euphorisante et pleine de promesses.

Je n'éprouve plus ses joies chavirantes. Le coeur qui bat la chamade (autrement qu'en "tachycardie pathologique" et du coup, involontaire). Je ne sais même plus être heureuse et donc je dois feindre, exagérer ce qui, pour moi, n'est que plaisant.

J'ai dis à une amie, qui est affreusement ultra-positive (du coup, fatiguante^^), que sur une règle pour mesurer l'humeur, je suis à 0, neutre (et parfois -1). Pour me protéger des grands malheurs et ne pas souffrir, il semblerait que je m'interdise le bonheur. Celui avec un B majuscule, comme "bliss". Celui qui bouscule l'existence, et dont on regrette le départ.

Pas d'espoir, pas de déception.

Pas de confiance, pas de trahison.

Pas d'amour, pas de peine.

On me dit "égoïste". Peut-être. Sûrement. Mon bien-être passe avant tout. Je m'écoute, je me surveille. Pas d'attachement ni d'inquiètude pour quelqu'un d'autre. Je décide de me faire passer avant les autres. Aprés tout: "Charité bien ordonnée commence par soi-même." (léger flottement concernant la signification).

Je me renferme sur moi-même et je m'étudie puisque personne ne le fait à ma place.

Disons plutôt qu'on "est jamais mieux servi que par soi-même."

Bien-être = mon confort.

Bien-être -> "État agréable résultant de la satisfaction des besoins du corps et du calme de l'esprit."

Rien d'extravagant. Le "petit-mieux" qui m'aide un peu, et semble insignifiant aux autres. Le truc qu'on offre aux invités à notre détriment: mon lit, plus moelleux - la dernière cartouche d'anti-moustique - la place de devant dans la voiture, là où y a plus de place pour les jambes...

Tout ça, je prends, sans faussement m'excuser, sans minauder, ni faire des ronds de jambe. J'en ai plus besoin que vous et je l'assume.

"Oui, je préfère le prendre. Merci."

Je ne crois pas que ce soit de l'égoïsme, c'est de l'auto-conservation.

 

J'ai lu qu'une blogueuse de mes lectrices, avait récemment fait l'expérience du "non". Mais si! Vous savez le truc que vous pensez mais que vous n'osez pas dire:

"Non, je n'aime pas les abats.

Non, ce pantalon ne te va pas.

Non, je ne suis pas dispo pour venir." (Sans se justifier, c'est mieux!)

Pas besoin d'être méchant ni grossier, il faut se dire que la personne en face, dans la même situation, ne se forcerait pas pour vos beaux yeux.

Le fait d'être asociale, de par ma maladie, me rend très honnête. Par exemple, si une amie a cuisiné un plat raté ou trop cuit, je me tais. Si elle demande: "Alors comment c'était? Trop cuit je pense."

C'est pour ça que j'ai plus d'amis! On entend partout que la sacro-sainte Vérité est estimable au plus haut point, FAUX! La Civilisation repose sur la politesse, un civisme hypocrite.

Ne dites jamais ce que vous pensez, à moins d'aimer la solitude.