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Mardi, j'ai regardé "Mon partenaire particulier", émission genre "L'Amour est dans le pré" version handicapée.

Le programme ne tombe pas dans le pathos,. C'est bien géré, ça reste digne, pudique, un soupçon cul-cul la praline (faut bien l'avouer) mais en restant sur la minuscule frontière qui sépare la tendresse de la pitié... Et ça, c'est primordial, ma brave dame!

Bon, si on était mauvaise langue, on pourrait dire qu'il y a un petit coté pervers exhibitionniste, un peu "Foire aux monstres". On ne peux pas s'empêcher de jauger, "d'évaluer le handicap" sur l'échelle de la normalité: "Lui, il a l'air normal, ça peut le faire.".

Approchez, approchez braves gens, et découvrez l'incroyable "Homme sans bras", la "jeune fille fanée" et le "génie timide"!

Je suis toutefois impressionnée par la résilience et l'humour de certains candidats. Notamment, cet homme, bluffant, impressionnant, né sans bras, il fait tout avec ses pieds, si si, avec ses pieds! Conduire, boire son café, couper des tomates... Il fixe la caméra et, le regard pétillant, déclare sérieusement: "je n'ai jamais baissé les bras!". Mouah ah ah, savoureux!

Une question, essentielle et évidente, s'est rapidement posée à moi, comme on allume une enseigne néon clignotante: et après? Une fois que les caméras sont parties, combien de "prétendants" sont encore là? Combien sont restés et n'ont pas fait semblant d'être "ouverts et intéressés(es), sincèrement", juste pour un moment de notoriété? Une des "prétendante" (valide) a gardé son manteau sur le dos pendant toute la rencontre/rendez-vous, en jetant des coups d'oeil rapides et anxieux, vers la sortie...

Dans la catégorie "Grenade dégoupillée", on rencontre un (très) charmant jeune homme, grand, mince, élancé, les yeux malicieux, mais atteint du syndrome de Tourette.

Petit aparté: Je suis toujours ébahie devant l'inventivité de Mère Nature qui nous arrache un patte, une aile, nous prive d'un sens ou, au contraire, nous refile un truc en plus (mais jamais un super truc genre X-men), et nous regarde nous adapter, essayer de vivre (malgré tout), de se dépatouiller avec ce qu'on a. Fin de l'aparté.

Tourette, la boulette, donc. Vu de l'extérieur, c'est un syndrome que je trouve rigolo: les cas que je connais, hurlent des insultes quand ils sont stresés. Attention "rigolo" ne veut pas dire "moins grave", mais plus "surprenant/original/moins terrassant de tristesse". Mon qualificatif n'enlève en rien la souffrance mêlée de honte que je devine chez ces malades.

J'imagine bien la petite minette qui répond à l'invitation de ce beau garçon. Le rendez-vous est agréable. Des liens se tissent et la relation s'épanouie. Quand un jour, une insignifiante broutille réveille Mr Hyde, et la jolie jeune fille ne comprend pas ce qui arrive., elle a peur et s'enfuit...

J'extrapole sans doute....

 

Je ne sais pas si je suis furieuse de les voir si naïfs (faire une allusion à "notre vie future", dès la première rencontre...), et que des gens en "abusent", ou désespérée, parce que je pense savoir comment ça va finir...

Les personnes handicapées présentées étaient seules, parfois depuis toujours. Elles étaient maladroites et vraiment pas expérimentées à l'art délicat (et obscure) de la séduction. Je leur prête la maturité affective d'un adolescent.

Deux otaries qui jouent avec un grain de raisin...

Comme je l'ai confié récemment à un copain qui ne voulait pas l'entendre: "Je suis une poupée cassée, et personne ne veut d'une poupée cassée.". Il a manqué de s'étrangler, mais c'est hélas vrai.

Dans l'émission, la "marieuse" demande aux handicapés qui "cherchent l'amour", leurs préférences notamment physique: "blonde aux yeux bleus", "sportive", "grand", "musclé"... J'ai remarqué que certains (la majorité, en fait) ont réclamé quelqu'un de valide/sain...

Qui a chuchoté "hypocrites"?!

C'est vrai qu'on aurait tendance à jeter la pierre à ces "sans-coeurs", ces valides qui détournent le regard ou n'accordent pas leur chance aux gens différents. Il est vrai que même Johnny Depp, en fauteuil, serait moins... attractif...

La vie est juste si dure parfois, que se rajouter des problèmes, c'est presque déraisonnable. Et fuir les emmerdes, c'est humain, logique et sensé.