Alors voilà (comme dirait le doc), c'est une suite de petits trucs chiants, une série de "pas de bol", pas bien méchants et qui, pris indépendamment, sont relativement anodins mais qui mènent à une catastrophe. "Effet domino", ou plus récemment appelé "l'effet Fukushima".

Tout commence hier soir. Au dîner, j'ai mangé du pounti.

Je t'entends penser d"ici: "T'as une vie fascinante, ma chérie!".

C'est un de mes plats préférés, or, ça nourrit pas son homme (ni sa femme, même à roulettes). Et ni les 3 feuilles de salade, ni le mini Snicker glacé ne m'ont calé.

Donc, ce matin, c'est la faim qui m'a sorti des bras Morphée. Mais attention, pas le "p'tit creux", hein, là c'était plutôt un MEGA TROU NOIR! La famine quoi, la vraie, celle qui te tord l'estomac avec un bruit de tuyauterie des Enfers, que même Belzébuth serait impressionné.

Donc, comme j'avais entendu Monsieur se lever, je me suis dit qu'il devait être tôt, en l'occurrence, 6h30. Bien trop tôt pour moi, j'allais quand même pas me lever au milieu de la nuit, un samedi, j'ai des principes! J'ai somnolé, tant bien que mal, un abysse béant au niveau du ventre, jusqu'à 9h30. Là, n'y tenant plus, j'ai appelé Monsieur, lui ai expliqué que si je n'avais pas deux oeufs au plat, accompagnés de lard grillé, sur du pain toasté, d'un jus de fruit et de mon café d'ici 10 minutes, je croquais un chien!

Un poil inquiet et surpris, il commençait à me lever quand mes jambes, ces fourbes traîtresses, m'ont signifié qu'il était trop tôt et qu'elles exerçaient leur droit de retrait, en d'autres termes: "Démerde-toi sans nous!".

Je suis arrivée à table, dehors, après moultes tangages et roulis, et orteils endoloris. Comme mes "jambes sautent", j'ai des spasmes qui font que je cogne tout le temps mes genoux au plateau de la table, j'étais en position "terrain hostile" = jambes relevées sur une chaise, parallèle à la table, "à la romaine" quoi. Je m'en suis foutu partout, donc.

L'assiette engloutie, ça allait déjà mieux, le café m'attendait. J'ai commencé à le siroter, tranquillement...

Et là, c'est le drame.

Spasme du bras droit, excessivement rare, alors que je tenais ma tasse, pleine. Elle prend de l'élan, s'élève, monte, monte...  pour finir sa course juste au dessus de mes lunettes de soleil, à coté de ma tempe droite Enfin, le récipient qui était resté relativement droit, a dérapé et s'est renversé, entièrement sur ma tête. J'étais comme possédée; je sentais mon poignet tourner et je me disais: "Non mais non! Bordel, arrête, stop!"

J'aurais voulu le faire exprès, j'aurais pas fais mieux. Et le café... ça coule! Sur les cheveux, dans l'oreille, sur le débardeur (trempé), sur le fauteuil roulant (dossier, coussin d'assise, main-courante des roues)...

En général, quand il m'arrive une mésaventure du genre, ça me file le bourdon pour la journée. La maladie se rappelle brutalement à mon bon souvenir...

Mais pas ce matin. Non. Monsieur a débarqué, au pas de course, l'éponge dans une main, le rouleau de sopalin dans l'autre, en rouspétant: "Sans déc, tu fais ça quand je suis pas là, et je filme pas en plus! Mais on aurait gagné Vidéo Gag! C'est de l'or en barre! 1 million de vues sur U-tube! ... Bouge pas, je vais chercher le tuyau d'arrosage! ... Putain, t'en as sous les fesses!!! Comment t'as fais pour t'en foutre sous les fesses?!".

Cette avalanche de mots, c'est juste pour me faire rire, pour me distraire, pour m'empécher de (trop) réfléchir... Des fois, monsieur, il assure.

Il était à peine 14h, que j'étais déjà H.S. Taper ce texte à été un dépassement de soi digne des jeux (para) Olympiques! La moindre action est un déchirement

(J'y réfléchis à 2 fois avant de demander à aller au WC!).

Mes paupières sont lourdes, trés lourdes... Résultat de recherche d'images pour "oreiller dessin"