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Le symptôme que je déteste le plus, enfin le plus intolérable et stigmatisant selon moi, c'est la dysarthrie, le trouble de la parole.

Vous avez remarqué comme on associe des difficultés à parler avec une faiblesse cognitive? Je traduis: si t'as du mal à articuler, t'es débile.

Quand les gens sont confrontés à ce trouble chez la personne en face d'eux, ils ont tendance à parler plus fort en a-rti-cu-lant bien.

What the fuck?!! J'ai du mal à parler, je suis ni stupide, ni sourde!

Je suis handicapée physique pas mental, ne jetez pas tout aux ordures, le bi-processeur est en excellent état!

Le résultat, c'est qu'en cas de coup de fatigue ou de stress, je n'ouvre plus la bouche. Enfin le minimum syndical: pour manger, boire, "aïe/oui/non/peut-être/putain". Pour les extras, j'ai un regard insistant et très expressif...

Pas de téléphone, pas de skype, pas de TS (teamspeak, c'est le même genre que skype mais pour les groupes, notamment pour les jeux en ligne comme WoW, héhé). Un soir où j'étais justement sur TS, un bug informatique inexpliqué (comme souvent dans cette science occulte, les Lois de l'Informatique sont impénétrables) a eu pour effet de faire raisonner nos voix, un écho virtuel en somme. J'ai reconnu une petite voix, celle d'une gamine à qui on demanderait de "passer l'appareil à une grande personne". Seulement la gamine avait, semble t-il, un coup dans le nez. Au moment où j'ai compris, une bouffée de honte m'a chauffé les joues...

C'est pour ça qu'ils ricanaient, bande de moules!

A l'oral, mais à "l'aveugle", le "signe extérieur de handicap" n'est pas visible. Rien qui avertit qu'il faut pas se moquer. Cette situation me rappelle quand je n'étais pas encore en fauteuil, le regard indigné et railleur des gens qui me voyaient tituber. J'aurais dû porter une béquille, comme on porte un pendentif ou une étoile, pour que les crétins sachent.

Quand on pense que je ne bois pas, pas une goutte. Être soupçonner de picoler alors que pour moi être ivre est un aveu de faiblesse. S'enivrer au point d'oublier ses malheurs, se défausser et ne pas affronter la réalité, pitoyable.

Après ces quelques précisions, on comprendra aisément pourquoi rencontrer des gens qui me lisent mais ne m'entendent pas (on appelle ça des IRL), me file des sueurs froides.

 

Au quotidien, c'est délicat aussi. Monsieur étant parfois un peu dur de la feuille, ça peut donner lieu à des situations cocasses:

"Passe-moi mon portable.

- Hein?? Quoi qui est pas potable?"

Hé ouais, quand l'emetteur ET le récepteur déconnent (torts partagés), ça entraîne les plus fréquentes et corrosives engueulades.