Bon alors, je te préviens: je me suis levée avec un joli petit mal de crâne, qui, comme chacun sait, deviendra grand (= migraine). Donc, mon flow légendaire est en berne. Ne t'attend pas à lire du Proust ou du De Groodt, si tenté que j'aie le quart du huitième de leur talent.

J'ai l'impression que mes neurones mijotent dans mon liquide céphalo-rachidien: fricassée de cervelle aux petits légumes. Je sais ce que tu te dis, à me lire, devant ton écran: "Va te coucher, bécasse!". C'est évidemment ce que je fais d'habitude. Je n'envisage jamais de "tenir tête" à un mal de crâne, parce qu'il va gagner, morbleu, pour sûr, et je finirais avec un teint de bidet, à me retourner comme une vieille chaussette, le museau dans la cuvette, à supplier Monsieur de m'achever à coups d'oreillet. Seulement là, j'avais envie d'écrire, pareil à une envie de pisser. Les mots se mettaient en ordre alors que je buvais mon café, et puisque j'avais des ébauches d'articles en attente, j'ai cédé. Si je vomis partout sur mon clavier, ça sera pas (entièrement) de ma faute, hein.

(Si tu pouvais me voir là, j'ai une compresse gelée, enroulée dans une serviette de table, en équilibre sur ma caboche. Je me sens Princesse Sarah qui travaille son maintien. L'élégance même.)

Dernièrement, j'ai vu quelques films qui m'ont touché/étonné:

- Nos Etoiles contraires Je te cache pas qu'il vaut mieux avoir le moral pour le visionner, c'est pas vraiment "Rires et cotillons à tous les étages", si tu vois ce que je veux dire, mais j'apprécie la légèreté et une certaine dérision, en abordant des sujets graves comme la maladie (le cancer) et la mort.

- Interstellar Alors là, mes agneaux, ce film fait fumer la cafetière, comme Inception en son temps. Le synopsis est incroyablement prémonitoire:

Notre bonne vieille Terre n'en peut plus de nos conneries, et nous pousse, gentiment mais fermement, vers la sortie. Parasites que nous sommes, le sort de l'espèce humaine dépend d'un groupe d'astronautes qui cherchent une nouvelle planète a défoncer coloniser.

Un truc m'a fait bondir: le monde se meurt, y a plus d'espoir et les gens font des gosses. Qu'on m'explique le raisonnement de l'homo sapiens, qui, en procréant, condamne des êtres humains à une mort rapide, et plutôt désagréable. Si c'est pas de l'égoïsme pure ça!

Le voyage interstellaire est possible, notamment, grâce à la théorie "des trous de ver" d'un grand monsieur. Ce qui nous mène au dernier film...

- Une Merveilleuse histoire du temps Par où commencer? C'est l'histoire d'un des mecs les plus intelligent de la planète, qui, alors qu'il finit ses brillantes études, est diagnostiqué SLA.

Le film raconte comment "il a pas lâché l'affaire". Les médecins lui donnaient 2 ans.... il va sur ses 74 ans! La maladie a quasiment les mêmes symptômes que la mienne: petit à petit, être enfermé dans son corps, progressivement, il perd tout. J'y ai reconnu les différents stades que j'ai traversé: les maladresses, le corps qui te lâche. "Mais j'ai quoi, bordel!". La colère. La résignation, et puis le "on peut pas se battre contre mais on va pas se laisser faire!".

Honnêtement, ce n'est pas son intelligence qui fait que je l'admire autant, c'est sa capacité à "ouvrir une porte quand la première se referme". Il ne peut plus marcher: fauteuil. Il ne peut plus parler, il écrit sur un clavier. Il ne peut plus écrire, il communique en bougeant les yeux. C'est pas un truc de dingue?!

Sa résilience, son humour et son esprit vif rendent presque son état "anecdotique". Même si son allure ratatinée dans son fauteuil et sa voix de robot font qu'il est le scientifique le plus connu de ce coté du système solaire.

Hawking est trop cool!