"Toujours vivant, rassurez vous
Toujours la banane toujours debout"

Hormis, l'approximation "positionnelle", c'est ça.

C'est une longue histoire que je vais te raconter, toi cher lecteur, qui m'a beaucoup manqué. Sois indulgent, c'est mon premier article "post-accident".

Donc, si tu es un peu attentif/tive, tu as noté que je faisais allusion à un déménagement. Le-dit changement d'alpage s'est fait dans la sueur et la poussière, le 14 février. Le jeudi 18 février, vers 19 heures, Monsieur, que je soupçonne d'avoir pris un malin plaisir à me faire poireauter, me délivre enfin et daigne me porter sur son dos, jusqu 'aux toilettes. En gros, je trépignais depuis 1 heure, on voyait les poissons nager dans mes yeux....

Et là, c'est le drame.

Monsieur, avec moi accrochée, glisse sur le carrelage neuf, et tombe sur moi, au niveau de l'aine. CRACK! AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAïe!

"Bon, arrête de crier, calme-toi ou j'appelle les pompiers!

- Ouais, appelle-les et appelle ma mère!"   (QUOI???)

Mes lecteurs assidus ne pourront retenir leur surprise, sachant que j'étais fâchée avec ma mère depuis 5 ans. Mais la douleur aidant, j'ai illustré l'expression "Appeler sa mère", au propre comme au figuré.

15 minutes après, les pompiers sont arrivés. Comment dire? De braves gars, des volontaires qui vivent au fin fond du Gers, département du fin fond de la France... Ils ont pas inventé le fils à coupé l'eau tiède, quoi. Ils étaient 5, je crois, et ils devaient se partager 1 cerveau. Dans la joyeuse bande, il n'y avait pas de chef, pas de "tête pensante" (mouha ha ha). J'étais assise par terre, en me cramponnant à ma jambe droite pliée, positionnée au millimètre, pour que la douleur soit supportable.

"Essayez d'allonger la jambe. Non? Vous voulez pas? Il faudrait peut-être joindre un médecin, hein?"

Le SAMU ayant refusé de se déplacer: "Pas de sang, c'est pas vital." Non, mais ça fait mal! Médecin de garde injoignable. Bienvenue dans la matrice le desert médical, c'est l'hymne de nos campagnes...

"Vous avez mal où?" j'ai du leur expliquer bien 3 ou 4 fois, et puis j'ai réalisé qu'ils ne me comprenaient pas. J'avais l'impression de parler correctement mais la douleur faisait que je n'articulais plus. C'était comme hurler dans une pièce pleine de monde et que personne n'entendait. Frustrant et flippant.

Au bout d'une demie heure, ils se sont finalement mis d'accord, et m'ont transporté à l'hôpital. Ils m'ont installé à l'arrière du camion, et au moment de fermer la porte: "Vous êtes trop grande, vous voulez pas plier un peu la jambe, ça dépasse, on peut pas fermer la porte!"  Non, il déconne là?!

Arrivée aux Urgences: du monde; des vieux, des jeunes, des femmes, des hommes, on attend, on m'oublie...

Donnez-moi quelque chose pour la douleur, bordel! 

Et enfin, le gaz hilarant fit son effet: "a pu mal - et si je pissais sur la table, ça serait rigolo"

Bon, j'ai aussi dragouillé un infirmier et traité la docteure qui venait de me faire mal en m'oscultant de "connasse". Avec force, honneur et conviction, hé ouais!

Puis, la radio et le verdict est tombé: fêlure du fémur, on opérera demain.

Entre temps, la bonbonne de gaz s'était vidée et je suis redescendue de ma licorne qui sautait sur un nuage arc-en-ciel.

Vers 2h30 du mat', on m'installait dans une chambre, et j'ai enfin pu faire pipi!

 

 

A suivre...