Bien le bonjour m'sieurs, dames!

Je suis pas spécialement enjouée, ni de bonne humeur. C'est même plutôt le contraire...

Ce que je vais te raconter n'a aucun rapport avec ma condition ou ma maladie, c'est juste moi, moi et ma putain de famille, et le fait que je sois malade/handicapée rend juste le truc dégueu.

Comme tu es un lecteur assidu, tu sais que je me suis rabibochée avec ma "manman" (à prononcer "men-men", l'oeil humide et l'intonation morne du gamin qui a perdu un truc: "Manmaaaaaaaaaaaaaaaaaan, elles sont où mes chaussettes bleues??"), or je fais des pieds et des mains pour que la relation reste au beau-fixe.

Ceci dit, je rentre dans le vif du sujet. Pour mes 30 ans, j'avais investis dans l'achat d'une tente de réception, un "barnum". Je m'en étais donc servi quelques jours, puis rangé dans son carton, et laissé à la merci de souris voraces.

Quand mon père a vu la tente, il a proposé de la mettre en vente, sachant que mes parents vivent près de Toulouse (grande ville = + d'acheteurs). J'ai accepté, 200 euros ça fait toujours plaisir.

1 an après toujours pas vendu, mais il l'a prêté l'été dernier, sans mon accord... Et ma soeur se marie, tu te souviens?

Tu vois venir le truc?! Non?? Un p'tit détail qui a son importance: mon père est radin. Mais le vrai, qui échange les étiquettes en magasin, carotte même ses potes, et achète une fenêtre qui s'ouvre à l'envers, juste parce qu'elle est moins chère. Personnellement, ce coté "pingre", ça m'a toujours fait rigoler, parce qu'en fait j'étais pareil. Petite, j'étais un croisement entre une fourmi et un écureuil Auvergnat qui stocke ses noisettes dans toutes les cachettes imaginables. D'ailleurs, on dit pas "radin", on dit "économe" quand on a le porte-monnaie en peau de hérisson. C'est grâce (ou à cause) de Monsieur si, maintenant dans mon assiette, je mange les aliments que je préfère en premier. Avant, je les gardais pour la fin. C'est toute une philosophie de vie ça! Entre nous, je sais pas comment il m'a reconditionné...

Bref, revenons-en à nos moutons. Une nuit, je me suis réveillée en ayant compris ça:

=> la bécasse se marie: mariage -> cérémonie -> réception -> tente -> possibilité d'économiser une location = on va te la faire à l'envers, un peu de vaseline ou Q sec?!

Comme ma mère me l'avait annoncé suffisamment longtemps pour que je ne sois pas soupçonnée de vouloir récupérer ma tente par bassesse et rancune (refus de prêter un truc qui pourrait faciliter l'organisation d'un événement, auquel JE NE SUIS PAS CONVIÉE, PUTAIN de BORDEL!!!), je l'ai innocemment réclamé dés le lendemain, prétextant que ma kiné serait intéressée. Ouais, c'est une kiné multitâche, elle me procure: soins, alibis, kinder bueno...

Je sais, je suis pas une bonne catholique, même pas une bonne personne. Clovis à coté de moi, c'est du pipi de chat. Quand on me gifle, je tends pas l'autre joue. Non, moi je rends le giroflée à 5 pétales, et quelque part, dans un coin de ma tête, j'accroche une affiche de western, dans le genre "dead or alive". Elle dit: "Toi mon coco, tu m'en dois une. Je ne bougerai pas, tu penseras que j'ai oublié, que j'ai passé l'éponge... Et puis une occasion se présentera, et là, je te louperai pas".

Mon père a tout essayé pour la garder. Me proposant même de garder la tente et d'autres trucs que je lui avais demandé de vendre, puisqu'il "allait m'aider à payer mon nouveau fauteuil roulant". Baboune, a bon troc, hein?!

La dernière que son esprit étriqué ait trouvé, c 'est de me dire qu'il y a un gros trou dans la toile, et que donc c'est invendable, mais que lui, grand seigneur, veut bien me le racheter, comme neuf. Quelle bonté, quelle générosité., quelle grandeur d'âme... Ahem.

Faut vraiment arreter de me sous-estimer les gens, là ça devient vexant.

J'ai senti l'arnaque mais j'ai pas laissé tomber, partagée entre l'envie de voir jusqu'où il allait me mentir, et l'envie de pleurer devant l'évidence: je dois aussi me méfier de mon père. Là où ça devient dégueu c'est qu'en plus de barboter sa fille, il arnaque une handicapée qui vit avec 800 € par mois.

La question à 2 sesterces est: est-ce que demain, je dois me pointer chez mes parents à l'improviste, avant que mon père fasse un trou dans ma tente (obligé s'il ne veut pas avoir l'air très con)???

Qui a dit "père de l'année 2017"?!

 

Epilogue:

Je laisse toujours passer une nuit quand j'ai une décision à prendre, comme ça mon subconscient (qui est bien malin et réfléchit à toute berzingue) a le champ libre s'il élabore un plan diabolique une solution diplomate et pacifique. Bien m'en a prit. Au réveil, je savais quoi faire. J'ai envoyé un texto à ma mère, un truc qui suintait l'innocence: "Coucou maman. Tu l'as vu le trou dans la tente, toi? Est-ce que tu pourrais regarder et me dire la taille, pour acheter le kit de réparation adéquate.".

A ce stade, 2 possibilités:

1 - ma mère est dans le coup et complote avec mon père. Le récent armistice et ma grâce personnelle, vont être repensés. La guerre sera froide.

2 - y a pas de trou, ma mère va comprendre le "pot aux roses" (j'ai toujours rêvé de replacer cette expression dans mes écrits). Alors là, mon daron va se faire atomiser.

Elle m'a envoyé des photos de 3 petits trous de clope, avec règle disposée à coté façon les experts, en s'excusant presque de ne rien avoir trouvé d'autre.

J'aurais aimé être une petite souris....