Truc de ouf, faut que je te raconte! Je vais retranscrire l'histoire du mieux que je peux, tout en essayant de préserver une certaine pudeur (?), un anonymat relatif (??), qui protégeraient les protagonistes d'un possible embarras, voire une honte (de partager 99,9 % de son code génétique avec ces enfoi... individus; ce qui serait tout à fait compréhensible), s'ils venaient à lire ces lignes.

Entre nous, y a de la matière, du potentiel. Même que si on faisait un film, les gens penseraient que c'est pas plausible, c'est trop gros.

En fait, je crois que ça va devenir une "légende urbaine", comme les crocodiles qui vivraient dans les égouts de New-York. Tu sais le genre d'histoire qu'on raconte à la fin d'un repas bien arrosé, quand tout le monde a un coup dans le nez... Les "histoires d'héritage," c'est comme les anecdotes de voitures/conduite/carton, tout le monde connaît. En général, ça commence par: "Je connais un pote, qui a un pote..."

Comment je fais monter la pression, ça c'est du teaser "qui claque sa mère", comme disent les jeunes!

Tout d'abord, j'informe mon aimable public (enfin, toi quoi), que je ne pratique pas cette hypocrisie gerbante, largement répandue quelque soit le milieu social dans lequel on se trouve, et qui consiste à encenser un mort, par "respect envers sa mémoire". Alors là, je dis "non", stop, faut pas déconner. Un sombre connard reste un putain de salopard, même cané.

Cette petite précision apportée, j'attaque.

Ce matin, alors que Morphée m'enlaçait encore, j'étais bien, dans mon petit lit médicalisé. Gondolée comme sur un toit de tôle (je plie le matelas en W, pour ne pas avoir mal au dos, au Q, à la hanche, aux pieds, à la tête-alouette!), mon chat avait réussi à se caler, en équilibre, entre mes genou. J'étais ce que j'appelle "en phase d'atterissage", tu es as la limite entre un léger sommeil et le réveil, ça traînouille gentiment, doucement. Pas question de perdre les dernières gouttes de sommeil, si précieuses.

Donc je rêvassais, quand j'ai entendu dans le lointain, une musique, puis une voix. Forte. Encore plus forte. Beaucoup trop forte... Monsieur parlait au téléphone, et apparemment, la conversation était captivante. Une des principales qualités de Monsieur est de respecter le sommeil des autres. J'apprécie d'autant plus que, normalement, dans la vie de tous les jours et à chaque instant, c'est un chieur. Non mais attention, "THE" chieur de compét', celui qui faisait le coup du lit "portefeuille" à ses copains d'internat, qui leur trempait le petit doigt dans l'eau pendant leur sommeil, qui adore le classique du seau d'eau en équilibre sur une porte entrebâillée, ou le légendaire "je te tire le bras quand tu tiens le téléphone à l'oreille" (tu forces pour résister et quand il réussit à te le décoller à 20cm de l'escourde, il lâche, et par réflexe, tu te ramènes le bigo dans la mouille et avec élan). Or chez moi, le dodo c'est sacré., et quand on m'empêche d'exercer mon activité préférée, je suis furax.

Bah j'ai gueulé, oui, que veux-tu, on se refait pas, à nos âges...

"Han oui, non, pardon, mais je parlais avec mon neveu. Fautquejeteraconte!"

Monsieur avait une soeur, qui a trépassé y a peu. Elle était son aînée de plus de 10 ans, c'était une HORRIBLE GROSSE BONNE FEMME, accessoirement avec un goût de chiotte, pas que vestimentairement parlant. Dans le mètre 80, 100 kilos, enveloppée dans des robes à motifs improbables (souvent des grosses fleurs) qu'elle devait s'être confectionner dans des rideaux que je ne mettrais même pas comme couverture à mon chien.

J'ai tellement de témoignages, de choses entendues, qui dépeindraient le personnage machiavélique et haut en couleurs que c'était, mais je vais rester soft, pas pour elle, mais pour ceux qui lui ont survécu. 

Un jour, cette charmante créature, féministe convaincue qui avait fait brûlé son soutif sur les barricades, en mai 68, a eu envie de pouponner. Elle a donc choisi une bi... avec 2 jambes un reproducteur, et bam, 9 mois plus tard est arrivé celui qui avait sans doute perdu aux cartes (rapport au choix de "l'âme" de se réincarner là, dans ce bébé). Mauvais karma, mec.

C'est donc dans un foyer aimant bancale et atypique, que le fils a grandi. Les relations avec sa tendre et délicate génitrice ont toujours été tendues, on parle de procès pour émancipation, foutage (non, ça existe pas, oui j'invente des mots, so what?!) à la porte et autres joyeusetés.

Monsieur ne parlait plus à aucun des 2. Histoire de famille... (prends un air entendu, en hochant la tête).

Le géniteur du neveu, qui lui non plus n'était pas un exemple d'équilibre ni de santé mentale, a reconnu son fils, une fois majeur. Cet homme délicieux était pété de thunes, mais 3 mois avant de mourir, il a annoncé à son fils que "comme il n'était pas foutu d'engendrer un mâle, il le déshéritait". Ouais cash! Fonce, Alphonse, et, dans le lard, Balthazar! Il était sérieux, et a tout bazardé en viager. J'ai une pensée émue pour l'heureux acheteur qui a du croire que Noël+sa fête+son anniversaire+l'euro-million était tombé le même jour.

Mais le meilleur est à venir, car malgré une relation en pointillés avec sa daronne, Monsieur-Neveu sentant la délivrance mort prochaine de celle-ci, a tenté de se rabibocher. Peine perdue, ça a été un carnage. Du coup, son dernier souffle a coïncidé avec un "ouf" de soulagement de l'entourage.

Seulement voilà, une fois que les cendres de la grosse dame ont été enterré sous une lourde pierre, et le tombeau sécurisé, le notaire a fait son entrée.

La fille de la mère de Monsieur (il est très chatouilleux sur la dénomination) vivait dans une splendide cahute ferme, à moitié rénovée et rendez-vous des courants d'air, à St Flour, dans le trou du Q de la France (et je sais de quoi je parle, je suis née de l'autre coté de la montagne).

Elle a fait un testament (secret, en furtif), avant de claquer (devant notaire et tout), laissant sa maison à son fils (obligé) mais surtout à ses 2 petites filles, en spécifiant qu'elles ne pourront vendre la maison qu'à leur majorité, soit dans 10 ans.

On résume pour être clair: Monsieur-Neveu ne peut ni louer ni vendre, une baraque qu'il a l'obligation d'entretenir (taxe foncière comprise) pendant 10 piges.

 On peut pas re-tuer quelqu'un, si?! Je propose un truc: Beetlejuice, Beetlejuice, Beetlejuice!