Conversation anodine:

"Je suis crevée.

- Bah qu'est-ce que t'as fait?

Rien, j'ai juste arrêté de boire du café!"

L'ataxie nous fatigue, dans tous les sens du terme. On en a ras le pompon d'être malade, d'avoir tout le temps peur, d'avoir tout le temps mal quelque part (au dos, au Q, aux pieds, à la tête-alouette!). Mais surtout le summum de la gonflerie, c'est d'avoir l'energie d'un mollusque.

Au quotidien, en temps normal, je me rapproche du comportement de la chenille: ça mange, ça dort (beaucoup), et son activité est calme, raisonnable, mesurée mais volontaire.

Quand "les Anglais vont débarquer" (expression au charme désuet de nos grand-mères), genre 2-3 jours avant, j'arrive même plus à parler tellement je suis épuisée. D'un coté purement "mécanique", lorsqu'on se penche 5 minutes sur le bidule, toutes les modifications du corps pendant cette période, les flux, les hormones, tout ça, un vrai branle bas de combat. Pas étonnant donc, que j'ai la batterie vide. (Je t'accorde qu'évoquer les "ragnagnas", c'est pas le truc le plus glamour qui soit. Surtout pour ces messieurs, parler de sang chaud qui dégouline, ça leur file des hauts-le-coeur à ces précieuses!)

Après un rhume (sans parler d'une grippe qui pourrait potentiellement se finir à l'hosto), une gastro, une otite, n'importe quelle infection, je mets 6 mois à me remettre, et à ne plus être aussi léthargique qu'une étoile de mer. Sans parler de la petite appréhension qu'on a, de se dire qu'on récupérera jamais nos forces...

La cicatrisation aussi, c'est n'importe quoi. Surtout sur les membres inférieurs, la moindre petite coupure toute rikiki, prend presque 1 an à disparaître.

J'ai remarqué que, chez moi, pour l'instant "la ligne de flottaison", la limite de la bonne irrigation sanguine, c'est le bas de mes cuisses, au dessus des genoux. En haut, R.A.S. tout va bien. En dessous, c'est blanc cadavre, parfois bleu, et même carrément insensible sur un bandeau d'environ 5cm.

C'est comme si on était pris dans des sables mouvants. Quoi qu'on fasse, ça progresse, on s'enfonce inexorablement. On peut juste constater que ce qui est "sous le niveau", ne répond plus, c'est perdu.

 

Pour pallier à ce manque d'entrain digne d'un ado en pleine puberté, et sortir de ce brouillard comateux qui m'empèche parfois même de réfléchir, je consomme des excitants. Pas de rail de coke là-dedans (je te vois venir, petit délinquant!). Non je parle de café et de thé. Et mine de crayon, la posologie est difficile a trouvé, je suis en plein réglages.

Au petit-dèj, je prenais un genre de capuccino en poudre, vraiment pas catholique, plein d'OGM et autres cancerettes. J'ai donc décidé de passer au bio, enfin genre du thé bio de Chine, mais lol quoi, c'est gaguesque... Bref, je te la fais simple: le kawa que j'ai acheté est une tuerie, j'en ai jamais bu de si bon en 33 piges. MAIS, quand j'en bois, même à midi, je fais des insomnies, genre Maître Hibou compte les moutons (débiles qui ont voté Mignon, Oups, rechute).

J'ai donc du, à regret, oublier le pot de fèves brunes, mon doux poison, ma kryptonite, mon nickel black...

Je me suis lancé dans un problème arithmétique: combien me faut-il de thé, pour compenser la suppression de mon sombre nectar, et m'offrir comme avec lui, une vivacité qui me fait cruellement défaut? J'en suis à 2 thés et j'ai envie de pioncer. 3 thés, j'aurais envie de pisser...

Dilemne cornélien.