Je suis claquée, vidée, rincée... et j'ai une envie de pisser qui tiendrait pas dans un car de flics (private joke) panier à salades. Yep, ça se passe comme ça quand tu es en et fauteuil ET dépendante (Car certains "roulants" arrivent à aller sur le trône seuls. Ces gens-là ont droit à toute mon admiration. Big up bros, ceux sont des super-héros.). Quand t'as une envie pressante, faut pas pressé(e). Tu dois formuler ta demande pour que ton aidant (dans mon cas, Monsieur) accorde ta requête à son emploi du temps de ministre (qui écrit son autobio pendant les heures d"école) et trouve un créneau pour faire 4 transferts, un baissage de fute... Le moindre petit truc prend des proportions conséquentes. Rien ne se décide "à la légère", sur 'l"impulsion du moment". Voilà pourquoi je suis la reine de l'organisation (le fait que je sois un tantinet névrosée et légèrement psychorigide, ne font qu'ajouter du charme au personnage).

Tu auras donc une pensée émue quand tu iras te soulager, ce n'est pas aussi simple que d'ouvrir une braguette, pour tout le monde...

Entre parenthèse, et pour pousser toujours plus loin ton immersion dans le sordide H World, je me permets une précision, une anecdote, que dis-je un enrichissement lexicale ainsi qu'un bref aperçu de cette si performante, alerte et néanmoins si empathique, administration française. Chaque personne handicapée/malade/dépendante a des besoins propres (sales aussi parfois!). Or, pour pallier à ces nécessités, l'Etat (en fait c'est le conseil départemental, mais bon) verse une P.C.H ( = Prestation de Compensation du Handicap). Cette allocation regroupe la P.C.H technique (fauteuil de douche, barres de maintien, ect) et humaine (un aidant). Mais pour coller au mieux aux besoins du demandeur, l'oganisme payeur et impudique demande un emploi du temps journalier excessivement précis: 

  • Heure du lever _ 9h (fake news!)
  • 1e arrêt au WC = 10 minutes
  • Préparation et avalage du petit dèj (avec lance-pierres, non-fourni) = 10 minutes
  • Lavage de dents = 5 minutes, donc on fait que la mâchoire du haut

Et ainsi jusqu'au coucher. Tu seras donc ravi(e) d'apprendre que je vais au petit coin 6 ou 7 fois dans la journée. Dans une envie de développer notre complicité, je te saurais gré, ami lecteur, de me renseigner à ton tour, dans les commentaires, sur le nombre de fois où tu montes sur le trône. Fais pas ta chochiotte! (tu l'as?!)

 

D'ailleurs, lors du 3e transfert (oui, je suis allée "vider l'eau du bocal" entre 2 virgules), je me suis cognée l'arrière de la cheville sur mon fauteuil. Chose qui se produit, hélas, très très très fréquemment, à croire que mes pieds soient irrésistiblement attirés vers la barre métallique la plus proche. Relation masochiste. #50NuancesDeMercurochrome

Là, j'ai tapé dans un endroit inédit, qui a amené une découverte anatomique troublante...

Commençons l'histoire par son début. C'est en juillet 1983, dans une bourgade de province, que naît celle qui deviendra la figure du handicap en France...

Je déconne, y en a qui en avaleraient leur carte de stationnement.

Sur Arte, le samedi soir et précédemment le dimanche, on peut voir Karambolage, émission culturelle et ludique. J'y apprends toujours plein de trucs. Ce qui répond à une vieille promesse que je m'étais faite quand on m'a diagnostiqué ma maladie: ne compte plus sur ton corps, il va falloir que tu brilles par ton esprit. Apprend, cultive-toi. Affûte ton intellect, ton sens critique, ta curiosité, ton humour. Deviens la petite futée casse-pieds, le puis-de-science qui énerve tout le monde. (Pour le coté "emmerdeuse", c'est en bonne voie!)

Donc, je reviens à mon programme qui, l'autre jour, parlait du nerf du coude qui file un coup de châtaigne quand on tape dessus. Tu vois? Ouais, tu viens de te frotter le coude en grimaçant. Bah les Allemands, qui ont un mot pour chaque chose, l'appellent "Musikknochen", "l'os musical". C'était le flash culture.

J'ai découvert que le tendon calcanéen, dit "tendon d'Achille", a la même particularité douloureuse, avec fourmis dans les orteils itou.

 

J'ai commencé l'article en affirmant que j'étais crevée, enfin plus que d'habitude... Jusqu'à présent et depuis l'accident, je dors dans un lit médicalisé, sur un matelas livré avec le lit, d'une épaisseur de 15cm. Parfois, j'ai l'impression de m'allonger direct sur les lattes. Or, il y a 2 semaines, j'ai réussi à passer une nuit entière, sur le flanc, dans mon vrai lit avec un rembourrage de 25cm, fête du slip! Du coup, je me pensais sauvée, à moi le matelas moelleux où je m'enfonce tel Fétide Adams (grande figure de ma jeunesse). J'ai même investi dans un sommier électrique, flambant neuf, parce que je trouvais le système du lit médicalisé, moche mais super pratique.

Le sommier est arrivé. Monsieur, détenteur d'un diplôme d'ingénieur de la NASA, option Meuble suédois, s'est empressé de l'assembler, et mon merveilleux matelas qui le surplombait fièrement. Clairement, il me faisait de l'oeil dans ces nouveaux draps. Aguicheur et promettant des nuits de rêve.

La parade nuptiale entre moi et ma nouvelle couchette, où elle me murmurait: "ce soir, c'est toi et moi, bébé. Toute la nuit.", avec la voix de Barry White (Ouais, j'ai une paillasse sexy!), c'était y a 3 jours et 3 nuits. Entre nous, je crois que j'ai crié victoire trop vite, l'ours à poil dans une charrette sans les boeufs, quoi. parce que là, j'ai mal partout et les yeux au milieu de la face. Mon merveilleux matelas de marmotte de compèt' s'accorde pas du tout avec le sommier pliant: plis, bosses, tout glisse (moi y comprit) au pied du lit...

Ce soir, je retourne pioncer sur ma feuille de papier à cigarette, faut que je récupère.